KHAO YAI, Joyaux Thai
Chaque sentier qui part d'ici nous surprend par l'exuberante sauvagerie de ses entrelacs vegetaux, cette densite arborescente rendant les randonnees a la fois plaisantes et un brin oppressantes. Une vibration dans les fourres impenetrables, un cri rauque et l'imagination travaille, quel animal peut bien nous observer ?
Quand nous avons pris la route du parc, il y a quelques jours, de nombreuses personnes nous ont deconseille de le faire a velo et les gardiens a l'entree de la zone protegee ont bien rigole en voyant le chargement.
Nous avons rapidement compris pourquoi. Le relief cruel nous faire gravir 400 metres en 7 km avec des cotes si raides que nous devons meme une fois mettre pied a terre pour pousser les velo sur une courte distance, ce qui n'est pas evident, surtout avec Jirana et ses 70 kilos et la poussee inverse de la remorque.
La contrepartie a cela, c'est que nous obtenons un rare privilege. Nous avons pris cette fois un billet en premiere classe dans le train de l'aventure et de la decouverte et la souffrance nous accorde un luxe supreme: la lenteur.
Nous sommes touches par la grace a la vue des premieres traces d'elephants au milieu de la route et peut etre plus encore lorsque nous tombons nez a nez avec une troupe de macaques.
Nous avons eu maintes fois l'occasion de randonner dans des parcs naturels, mais nous sommes frappes ici par la deconcertante facilite avec laquelle on peut observer la faune sauvage.
Sur le plateau, il nous reste bien peu de forces, nous degoulinons tellement de sueur que les mains glissent sur les poignees et les yeux piques par le sel distinguent vaguement le visage crispe et cramoisi de l'etre aime, qui sous l'effort, hesite entre les pleurs et les rires hysteriques.
Comme un miracle,c'est a ce moment critique que des chauffeurs de minibus adorables nous invitent a partager leur repas et ne nous laissent pas repartir sans une provision de viande sechee et de riz gluant.
Le terrain de camping rudimentaire est pratiquement desert a cette saison, il y a plus de singes que de residents ! Le spectacle est rejouissant pour Chani qui n'en revient pas de voir ces animaux d'aussi pres, ainsi que les gros cerfs et, au dessus de nous, dans les figuiers banians, les calaos au bec de rhinoceros dont le frottement soyeux de leurs larges ailes trahit la presence.
Nous devrions nous reposer apres une matinee pareille, mais la curiosite piquee au vif l'emporte sur la fatigue et nous nous ruons vers les sentiers qui menent aux chutes d'eau. Celles ci sont presque a sec, mais l'interet reside essentiellemtent dans les chemins qui y menent.
Nous y observons des varans, des ecureuils blanc et noir, des coqs de jungle, des gibbons sur les cimes, des papillons sombres elegants aux ailes bordees de liseres bleu electriques, des fourmis geantes aux mandibules acerees, de nombreux oiseaux et meme un petit felin tachete comme un leopard qui s'enfuit a notre approche.
Il faudrait aussi evoquer les sons qui emanent du fouillis vegetal, les tonalites etranges des chants de primates, les crissemets d'insectes, coassements de grenouilles arboricoles et autres mysterieux chants de l'avifaune.
La nuit tombe et sous le ciel etoile, les macaques se chamaillent, vont jusqu'a tripoter la remorque (ce qui nous oblige a lers eloigner un peu) alors que les cervides broutent tranquillement a quelques pas de la tente.
La Thailande, une fois de plus, fournit des matieres premieres de qualite a notre usine a souvenirs, qui risque de tourner a plein regime alors que le retour approche dangereusement !
C'est ici que les elephants avalent leurs sels mineraux
et ce qui en sort !!
Prairies d'altitude
Allez, suivez nous dans la jungle:
Un singe

puis deux
cherchez le varan
pas de residents
seulement des singes
des cerfs
cascade apercue dans le film "la Plage"
et les restes du tournage
au loin la cote aie aie