NUITS A LA NOIX...
Recettes pour ne pas fermer l'oeil de la nuit.


Cette première nuit à la noix, je la dédie à toutes les autres qui suivront.
Elle me vient à l'esprit comme étant une des plus inconfortables et des plus musicales aussi.
Au début du mois d'août 2000, un peu avant d’arriver à Salamanque, à la nuit tombante nous arrivons dans un village désert où il nous paraît difficile de trouver un endroit où planter notre tente. Nous avons déjà 120 kilomètres dans les mollets et nous roulons en tout sens espérant tomber sur une bonne âme qui accepterait de nous héberger jusqu’au matin.
Nous finissons par rencontrer deux dames âgées qui immédiatement ont une idée qui leur semble lumineuse : l’église. Nos rêves de chambre de bonne ou de dortoirs spartiates s’envolent quand elles nous expliquent qu’il y a une petite place sur le parvis cimenté.
Il est impossible d'y planter la tente, impossible de continuer, nous installons donc un camp de fortune contre un pilier de l'église, composé d'une bâche tendue au dessus des deux vélos et nous nous y coulons prestement après un rapide plat de spaghettis sans beurre ni assaisonnement.
Sans matelas (nous avons sorti le strict nécessaire afin de pouvoir remballer rapidement), le sol est glacial et le courant d'air au pied de l'édifice réduit l'efficacité des duvets. Il faut aussi compter sur la musique tonitruante diffusée dans les haut-parleurs du hameau voisin et sur l'odeur d'urine tenace propre à ces recoins les plus visités du lieu de culte. Le matin, animaux hagards, nous nous glissons hors de notre terrier, avec l'haleine fraîche du blaireau cacochyme et pour une fois, la satisfaction de retrouver nos selles plus confortables que notre couche.
Elle me vient à l'esprit comme étant une des plus inconfortables et des plus musicales aussi.
Au début du mois d'août 2000, un peu avant d’arriver à Salamanque, à la nuit tombante nous arrivons dans un village désert où il nous paraît difficile de trouver un endroit où planter notre tente. Nous avons déjà 120 kilomètres dans les mollets et nous roulons en tout sens espérant tomber sur une bonne âme qui accepterait de nous héberger jusqu’au matin.
Nous finissons par rencontrer deux dames âgées qui immédiatement ont une idée qui leur semble lumineuse : l’église. Nos rêves de chambre de bonne ou de dortoirs spartiates s’envolent quand elles nous expliquent qu’il y a une petite place sur le parvis cimenté.
Il est impossible d'y planter la tente, impossible de continuer, nous installons donc un camp de fortune contre un pilier de l'église, composé d'une bâche tendue au dessus des deux vélos et nous nous y coulons prestement après un rapide plat de spaghettis sans beurre ni assaisonnement.
Sans matelas (nous avons sorti le strict nécessaire afin de pouvoir remballer rapidement), le sol est glacial et le courant d'air au pied de l'édifice réduit l'efficacité des duvets. Il faut aussi compter sur la musique tonitruante diffusée dans les haut-parleurs du hameau voisin et sur l'odeur d'urine tenace propre à ces recoins les plus visités du lieu de culte. Le matin, animaux hagards, nous nous glissons hors de notre terrier, avec l'haleine fraîche du blaireau cacochyme et pour une fois, la satisfaction de retrouver nos selles plus confortables que notre couche.
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