Préparation du premier tour
Rachel et moi économisons mois après mois, mettant entre parenthèses une carrière professionnelle incertaine pour nous contenter de travaux qui, à défaut de nourrir l’ambition, laissent à l’esprit la liberté de vagabonder où bon lui semble.
Nous lisons de nombreux récits de voyage, ce qui nous aide à patienter et entrecoupons régulièrement les préparatifs de la longue balade qui s’annonce, par des randonnées prolongées.
Lors de ces sorties, le matériel que nous avons l’intention d’emporter est sans pitié soumis aux chaos de la route et un désordre apparent gonfle les fontes qui ornent nos fiers destriers mécaniques, dans lesquelles s’entrechoquent plus que ne se côtoient d’hétéroclites objets censés participer au réconfort du bourlingueur lorsque, le soir venu, celui ci établit son campement provisoire.
Le choix de la destination de ce qui est pour nous une grande aventure se fait de manière concertée et à l’aune de notre maigre bas de laine. Nous attendons pourtant depuis trop longtemps, il faut se résoudre à partir sans tarder, avant l’hiver de préférence.
Nous avons toujours eu la conviction et nous avons pu effectivement le constater par la suite, qu’à défaut d’aller au bout du monde (où est-il d’ailleurs ce fameux petit bout inaccessible qui nous taraude tous ?), il est possible de révéler l’exotisme qui se cache au plus près de chez soi. Forts de ce principe et considérant que pour le prix d’un billet d’avion il est possible de voyager plusieurs mois de manière écologique, nous décidons que le départ se fera ici même, au cœur de la Bretagne et que nos tours de roues, avant de marquer des contrées plus reculées, nous feront faire un détour à travers de nombreux pays européens, un parcours qui se précisera au gré des rencontres et des circonstances, même si nous avons établi un itinéraire approximatif.
Nous étonnons souvent les gens que nous rencontrons quand nous affirmons que ni Rachel ni moi, à l’inverse de la randonnée pédestre, n’aimons faire du vélo. Nous n’en avons d’ailleurs pas une pratique régulière, mais nous n’avons jusqu’ici pas trouvé de moyen plus intelligent et humble, permettant de franchir des distances raisonnables dans le temps limité qui nous est imparti, c’est à dire environ d’une année.
S’asseoir sur un vélo dont la charge s’élève à 60 kilogrammes (ce qui en rend la conduite parfois hasardeuse), savoir que ce compagnon de route nous aidera à voir s’étirer des paysages sans cesse renouvelés tout en servant de lien avec les gens que nous rencontrerons, imaginer que chaque jour cet engin capricieux nous permettra de transporter tout ce qui nous est vital et remettra en cause la notion de rythme et de confort, tout cela fait naître en nous des émotions difficiles à décrire, qui culminent systématiquement à chaque grand départ.
Au début du mois de juillet 2000, les dernières amarres sont rompues, l’appartement que nous louions est rendu, les formalités administratives accomplies, les effets personnels sommeillent au fond des sacoches étanches et les dernières soirées dont nous profitons avec nos proches sont aussi chaleureuses qu’émouvantes.
Nous lisons de nombreux récits de voyage, ce qui nous aide à patienter et entrecoupons régulièrement les préparatifs de la longue balade qui s’annonce, par des randonnées prolongées.
Lors de ces sorties, le matériel que nous avons l’intention d’emporter est sans pitié soumis aux chaos de la route et un désordre apparent gonfle les fontes qui ornent nos fiers destriers mécaniques, dans lesquelles s’entrechoquent plus que ne se côtoient d’hétéroclites objets censés participer au réconfort du bourlingueur lorsque, le soir venu, celui ci établit son campement provisoire.
Le choix de la destination de ce qui est pour nous une grande aventure se fait de manière concertée et à l’aune de notre maigre bas de laine. Nous attendons pourtant depuis trop longtemps, il faut se résoudre à partir sans tarder, avant l’hiver de préférence.
Nous avons toujours eu la conviction et nous avons pu effectivement le constater par la suite, qu’à défaut d’aller au bout du monde (où est-il d’ailleurs ce fameux petit bout inaccessible qui nous taraude tous ?), il est possible de révéler l’exotisme qui se cache au plus près de chez soi. Forts de ce principe et considérant que pour le prix d’un billet d’avion il est possible de voyager plusieurs mois de manière écologique, nous décidons que le départ se fera ici même, au cœur de la Bretagne et que nos tours de roues, avant de marquer des contrées plus reculées, nous feront faire un détour à travers de nombreux pays européens, un parcours qui se précisera au gré des rencontres et des circonstances, même si nous avons établi un itinéraire approximatif.
Nous étonnons souvent les gens que nous rencontrons quand nous affirmons que ni Rachel ni moi, à l’inverse de la randonnée pédestre, n’aimons faire du vélo. Nous n’en avons d’ailleurs pas une pratique régulière, mais nous n’avons jusqu’ici pas trouvé de moyen plus intelligent et humble, permettant de franchir des distances raisonnables dans le temps limité qui nous est imparti, c’est à dire environ d’une année.
S’asseoir sur un vélo dont la charge s’élève à 60 kilogrammes (ce qui en rend la conduite parfois hasardeuse), savoir que ce compagnon de route nous aidera à voir s’étirer des paysages sans cesse renouvelés tout en servant de lien avec les gens que nous rencontrerons, imaginer que chaque jour cet engin capricieux nous permettra de transporter tout ce qui nous est vital et remettra en cause la notion de rythme et de confort, tout cela fait naître en nous des émotions difficiles à décrire, qui culminent systématiquement à chaque grand départ.
Au début du mois de juillet 2000, les dernières amarres sont rompues, l’appartement que nous louions est rendu, les formalités administratives accomplies, les effets personnels sommeillent au fond des sacoches étanches et les dernières soirées dont nous profitons avec nos proches sont aussi chaleureuses qu’émouvantes.
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